Florence Lemiegre

Rêver la Terre autrement... Tenter de rendre visible l'invisible par la matière. C'est vers 9 ans que je découvre la terre, le dessin et la peinture comme élève à l'académie László Mindszenti à Rouen en parallèle de mes cours du soir aux Beaux Arts.

Mais peut -être que tout a démarré bien avant avec ma mère, puisqu’aujourd’hui âgée de 84 ans, elle continue d’explorer la céramique… Tout naturellement après mon Bac, je m'oriente vers des études d'art. J'obtiens une maîtrise d’Arts Plastiques et Sciences des Arts à la Sorbonne Paris 1, et sors diplômée quelques années plus tard des Arts Décoratifs de Paris en design industriel.

J’étudierai le design à l’université de Georgia Tech, Atlanta, Géorgie. U.S.A. avant de revenir en France et poursuivre ma passion pour la terre tout en intégrant ma première agence de publicité comme graphiste à Paris.

Durant trente années, j’exercerai le métier “alimentaire” de directrice artistique dans la communication qui me permettra de vivre et de poursuivre en parallèle mon exploration de la terre. Je n’ai jamais rompu le lien avec mes amours d’enfance. Mon métier dans les arts graphiques et mon approche du travail de la terre se sont parfaitement complétés.

Je transpose mes esquisses sur papier, en volume. Le contact direct avec la matière est très différent et m'enrichit chaque fois d'une nouvelle énergie. Ma sensibilité et mon parcours personnel m'ont très vite écarté de la céramique utilitaire.

Actuellement, en parallèle de mes recherches personnelles, je poursuis mes classes techniques de la céramique dans deux ateliers parisiens avec les professeurs et céramistes Michèle levy-Letessier et Olivier Oet.

Depuis décembre 2010, j’entame une nouvelle dynamique et suis à présent ouverte à partager mon univers avec le public. Aujourd’hui plus que jamais, je souhaite m’y consacrer corps et âme. Rêver la Terre autrement... Tenter de rendre visible l'invisible par la matière, la texture et les couleurs. Pour cela, la magie du Raku s'est imposée comme une évidence. Cette technique m'a incité au lâcher prise et m'a permis de me délester de ces trop pleins qui encombrent.

Je travaille avec plaisir sur des thèmes qui m’importent et m’inspirent : La nature, la vie, l’être, la planète et les dangers qui la menacent, l’humain sont une mine inépuisable. Mon univers est multiple, et par conséquent, la représentation graphique que j’en donne l’est également.

J'essaie de concrétiser mes rêves, en travaillant dans le rêve, sans chercher à me rapprocher d'une réalité vraie. De nombreux artistes m’inspirent tels que Camille Claudel, Pierre Bonnard, Niki de Saint Phalle, Vassily Kandinsky, Marc Chagall, Michel Kikoine, Eugéne Boudin, Friedensreich Hundertwasser, Edgar Degas, Gérard Garouste, Roger Chomeaux, Ronan-Jim Sévellec et tant d’artistes et céramistes talentueux. ma démarche créative...

"LES CULBUTOS"

Travail graphique et ludique de recherche sur l'équilibre et le déséquilibre. Formes et lignes épurées, ces pièces le plus souvent monostatiques oscillent, se balancent, hésitent avant de trouver un point d‘ ancrage. A travers elles, j’explore le déséquilibre et l’équilibre, l’instabilité et la stabilité. Mes "Culbutos" sont aussi pour moi, la représentation graphique de "l‘objet symbolique" par excellence de la résilience dont parle l’éthologue Boris Cyrulnik. Dans la culture populaire, le culbuto n’est-il pas en effet « une personne qui se relève toujours malgré les coups qui lui sont portés» ? Le design et les noms de mes graphiques sont aussi un clin d’œil au monde de l’enfance : celui des toupies, des bouliers ou des GömBöcs, tout comme celui des mots dont la sonorité prête à sourire :" Les Culbutos", les "À la queue leu leu" ou les "Echinoidea" etc. est un travail ludique de recherche sur l'équilibre et le déséquilibre.

LES MOONS

Sorties de la Terre ou tombées du ciel ? Elles forment un riche parterre de mille fleurs qui communiquent à celui qui les contemple, leur force, leur paix, leur énergie mais aussi leur splendeur fragile et éphémère. Devant ces paysages fleuris en miniature, le sage se fait tout petit afin de s’y promener, comme le fait l’amateur devant une peinture de paysage. Elles offrent un voyage spirituel au jardin du rêve et des émois et sont sources de méditation sur la beauté de la nature. Moons de printemps, d’hiver, d’été, d’automne, elles racontent le cycle de la vie.